Xavier Darcos se réjouit du succès de l’expérimentation de la “reconquête du mois de juin” et souligne la nécessité de la généraliser pour la prochaine session du baccalauréat. Ce dispositif recouvrait cette année deux séries de mesures concernant l’organisation du baccalauréat :
- dans toutes les académies, les épreuves du baccalauréat ont été repoussées d’une semaine ;
- dans 15 départements pilotes (les académies d’Amiens, Besançon, Dijon, Rouen, ainsi que les départements de la Lozère et du Vaucluse), une nouvelle organisation des épreuves des baccalauréats général et technologique a été mise en place à titre expérimental. Par ailleurs, les dates des conseils de classes de 2nde et 1ère ont été repoussées fin juin.
Le ministre de l’Éducation nationale en dresse un premier bilan:
- gain effectif de deux à trois semaines de cours.
- taux de présence des élèves compris entre 60 et 80% ; celui des professeurs approchant 100%.
- déroulement matériel des épreuves dans les meilleures conditions (plus grand nombre de centres d’examens). - expérimentation de formes plus dynamiques de correction (correction en atelier par exemple, en accord avec les professeurs et souvent à leur initiative) et revalorisation de la rémunération des correcteurs (5 euros par copie).
- utilisation plus efficace de l’argent public (chaque semaine de cours au lycée coûte 250 millions d’euros aux contribuables).
Notre commentaire. Nous dénonçons chaque année au collège surtout, mais également au lycée, plusieurs semaines de “garderie éducative” après les conseils du mois de juin, alors que les décisions d’orientation sont établies et les notes arrêtées. A peine une moitié des élèves sont présents. Il n’ont plus ou très peu d’affaires scolaires. Et n’évoquons même pas la perspective d’un éventuel travail à la maison… Nous ne pouvons donc que nous réjouir d’une tentative ministérielle de modifier ce contexte actuel, totalement inefficace et couteux. Alors qu’il y a tant à faire, avec ou sans présence d’élève (et en particulier dans l’optique de la préparation de la rentrée suivante). Mais, une fois pour toute, que le ministère renonce au double langage habituel : soit les cours durent effectivement jusqu’au 30 juin (et dans ce cas, les enseignants et les élèves doivent tous être présents jusqu’à cette date, et avec tous les “outils de travail” du reste de l’année). Ou bien, on reconnaît un temps nécessaire pour la gestion de la fin de l’année scolaire (examens, orientation, préparation de la rentrée suivante, etc.). Et dans ce cas, le ministère décide que les élèves sont “en vacances” 2 semaines plus tôt que les enseignant pour toutes ces missions particulières. Nous ne voudrions surtout pas que cet affichage d’une “reconquête du mois de juin” se traduise par des réunions tardives à n’en plus finir, voire pas un nouveau “report” de la période des vacancesz estivales sur le mois de juillet, ou (entre autres) par des corrections “à la hussarde” et dans l’urgence de copies d’examen, mettant en cause l’attention à accorder à chaque élève et donc la qualité de notre travail et la valeur des examens.